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 - 30 juillet 2021 - Saint Abdon et saint Sennen
Publié le : 20 octobre 2006 Source : Zenit.org
 
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    Benoit XVI souligne la nécessité de l’engagement des chrétiens en politique

    L’Eglise n’est pas et n’entend pas être une force politique, affirme Benoît XVI, tout en insistant sur l’importance de l’engagement des chrétiens en politique.

    Le pape a abordé cette question ce matin à Vérone, dans le cadre du IVe congrès national de l’Eglise italienne. Le pape était arrivé le matin même de Rome en avion, à l’aéroport militaire de Villafranca à 9 h 45. Il s’est ensuite rendu au siège de la Foire de Vérone. Après son discours, le pape a gagné l’évêché pour le déjeuner. En fin d’après-midi, il a ensuite présidé la messe du stage Bentegodi, avant de reprendre l’avion qui s’est envolé vers 18 h 55 pour Rome.

    Le pape a en outre invité les chrétiens à être des témoins - doux mais forts - de l’amour, de la joie, et de la vérité, pour redonner à la foi droit de cité, dans une société qui exclut toujours davantage Dieu de la vie publique. Il a invité à la fidélité aux « racines » de l’Italie, pour être des « témoins du Ressuscité » en Italie et dans le monde.

    Le pape a prononcé ce discours important devant les évêques et les quelque 2700 délégués des diocèses.

    « L’Eglise a en Italie une grande tradition de proximité, de solidarité et d’assistance », a souligné le pape qui insistait en même temps sur l’importance « d’être des témoins de la charité » qui soient « imperméables aux influences idéologiques et aux appartenances politiques ».

    Et justement, dans le domaine politique, le pape a rappelé la parole du Christ invitant à distinguer entre ce qui est de « César » et de qui est « à Dieu ».

    Mais surtout, le pape affirmait : « La liberté religieuse que nous considérons comme une valeur universelle est absolument nécessaire au monde car elle est sa racine historique même. C’est pourquoi l’Eglise n’est pas et ne prétend pas être une force politique, tout en s’y intéressant de près, pour le bien commun et la justice ».

    Un sujet sensible en Italie, avec son passé de Démocratie chrétienne et une nouvelle donne politique où les chrétiens sont présents dans les partis de gauche, du centre et à droite. Le pape rappelait en effet le rôle des laïcs en politique : « Les laïcs catholiques ont un rôle majeur à jouer, à la lumière de la foi et du magistère et animés par la charité du Christ ».

    Il soulignait l’ampleur des enjeux en citant « les guerres et le terrorisme, la soif et la faim, les épidémies », auxquels il faut faire face, recommandait le pape, « avec détermination et clarté, tout comme les dangers que représentent certaines décisions politiques et législatives touchant aux valeurs fondamentales, aux principes éthiques et humanistes enracinés dans la nature humaine, notamment pour ce qui est du respect et de la défense de la vie à tous ses stades, de la défense de la famille et du mariage ».

    Un thème que le pape a déjà abordé lors de sa récente rencontre avec le président du Conseil, M. Romano Prodi, au Vatican : « Il faut empêcher l’introduction dans la loi d’autres formes d’unions qui contribueraient à affaiblir et à réduire leur caractère spécifique et leur rôle social fondamentaux. Le clair message que l’Eglise et les catholiques italiens offrent avec respect constitue un service rendu à l’Italie. C’est un service utile et stimulant pour tant d’autres pays ».

    Or, la force pour un tel engagement, les catholiques la trouvent, soulignait le pape, dans « la parole et le corps du Christ », et dans « l’adoration eucharistique ».

    « Dans l’union au Christ, expliquait encore le pape, Marie nous précède et nous guide : elle nous apprend à mieux connaître et aimer le mystère de l’Eglise » et « à résister aussi à une certaine sécularisation interne due à la sécularisation profonde de la civilisation européenne ».

    A propos du thème du congrès, « Témoins du Ressuscité, l’espérance du monde », le pape disait : « Sa résurrection a été comme une explosion de lumière, une explosion de l’amour qui défait les chaînes du péché et de la mort. Elle a inauguré une nouvelle dimension de la vie et de la réalité, dont émerge un monde nouveau, qui pénètre continuellement dans notre monde, le transforme et les attire à soi ».

    « Ce quatrième Congrès national est une nouvelle étape sur le chemin de la réalisation du Concile Vatican II entrepris par l’Eglise italienne », soulignait encore le pape, « un chemin d’évangélisation parcouru en étroite collaboration et en communion constante avec le Successeur de Pierre ».

    « La résurrection du Christ, insistait le pape, un fait historique dont les apôtres furent les témoins et non les inventeurs », qui constitue « le centre de la prédication et du témoignage chrétien ».

    Le pape décrivait la « culture dominante en Occident » en ces termes : « Seul ce qui peut être expérimenté et calculé est rationnellement valide alors que dans le domaine pratique la liberté individuelle s’érige comme une valeur fondamentale à laquelle tous les autres doivent se soumettre ».

    « Dieu est ainsi exclu de la culture et de la vie publique et la foi devient plus difficile parce que nous vivons dans un monde qui se présente comme notre œuvre dans laquelle Dieu (...) semble superflu », précisait le pape.

    Et par conséquent, « l’éthique est enfermée à l’intérieur des frontières du relativisme et de l’utilitarisme, où tout principe moral valide et inaliénable est exclu ».

    Cette situation représente une « coupure radicale » avec les « traditions morales et religieuses de l’humanité » et ainsi, on ne peut plus établir de « dialogue » avec « les autres cultures, dans lesquelles la dimension religieuse est fortement présente ».

    Le pape soulignait combien l’Eglise est « vivante » en Italie, tout en mettant en garde devant « la gravité du danger de séparer les racines chrétiennes de la civilisation ».

    « Notre dynamisme doit rester vivant et si possible augmenter, exhortait le pape, et nous devons nous ouvrir avec confiance à de nouvelles relations sans négliger l’énergie qui peut contribuer au développement culturel et moral de l’Italie ».

    « L’ évangélisation, insistait Benoît XVI, n’est pas une simple adaptation aux cultures, mais surtout et toujours une purification ».

    Il rappelait également que le fait d’être chrétien n’est pas le fruit d’une « décision éthique ou idéologique » mais de la « rencontre avec la personne de Jésus-Christ », une rencontre féconde jusque dans le « contexte humain et culturel actuel ».

    « Dieu nous aime réellement, insistait le pape, nous respecte et sauve notre liberté. Il préfère répondre au pouvoir du mal et du péché (...) par sa patience illimitée et sa miséricorde ».

    Il invitait ainsi les catholiques à se tenir prêts à « répondre » à cet amour « avec cette force tranquille qui nous vient de l’union au Christ », en « pensée » et en « actes », au niveau « personnel » et en « communauté ».

    « Puisse le Seigneur nous guider afin de vivre cette unité dans la vérité et l’amour selon le contexte d’aujourd’hui, de manière à évangéliser l’Italie et le monde », concluait le pape.

    Après Bari, pour le congrès eucharistique national italien, Manoppello, pour son pèlerinage au sanctuaire de la Sainte-Face, ce déplacement à Vérone est donc le troisième de Benoît XVI en Italie.

    Les trois précédents congrès de l’Eglise d’Italie ont eu lieu à Rome en 1976 sur le thème « Evangélisation et promotion humaine », à Lorette en 1985 sur « Réconciliation chrétienne et communauté humaine », et en Sicile, à Palerme, en 1995 « L’Evangile de la charité pour une société nouvelle en Italie » : trois congrès auxquels Paul VI puis Jean-Paul II ont participé.


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