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Vert - Férie 23 août 2014 - Sainte Rose de Lima
Publié le : 6 novembre 2006 Source : Zenit traduit par Catholique.org
 

 

Religions non chrétiennes

Benoît XVI, la Foi, la Raison et l’Islam

Alors que le tumulte à propos de Benoît XVI et l’Islam s’éteint, les gens commencent à comprendre que le pape a été victime de phrases prises hors de leur contexte d’origine et de réactions enflammées délibérément. En fait, c’est ce qu’ont dit beaucoup de personnalités de l’Eglise et de prélats depuis le début.

Plutôt qu’une attaque contre l’Islam, « Ce qui ressort clairement des discours du Saint-Père est un avertissement adressé aux cultures occidentales leur recommandant d’éviter ‘le mépris de dieu et une forme de cynisme qui considère la moquerie à l’égard du Sacré comme l’exercice de la liberté » a noté le porte-parole du Vatican, le père Frederico Lombardi le 14 septembre. Le Jésuite a expliqué que le Saint-Père critiquait la culture moderne en raison de sa volonté d’exclure la religion.

« Une raison qui est fermée au Divin » a conclu le pontife dans son discours du 12 septembre à l’université de Regensburg du 12 septembre, et qui relègue la religion au rang de sous-culture est incapable d’entrer dans un dialogue des cultures. »

Ceci étant clarifié, les partisans d’une pensée moderne sans religion ont bien plus de raison d’être irrités par les propos du Pape que n’importe qui d’autre, ce qui explique probablement l’extrême hostilité de l’éditorial du New York Times du 16 septembre à l’égard du Saint-Père.

Dans un texte paru le même jour, le secrétaire d’Etat du Vatican, le cardinal Tarcisio Bertone a souligné que, dans son discours de Regensburg, Benoît XVI s’adressait à un groupe d’universitaires et utilisait simplement le texte de l’empereur byzantin Manuel II Paleologus, en indiquant clairement que cela n’était pas sa propre opinion. Son utilisation était une manière d’introduire une série de réflexions. Cette approche n’a pas été comprise par une culture des média qui a besoin de véritables autoroutes de la pensée pour comprendre des messages.

Pour cette raison, le cardinal Paul Poupard, président du Conseil Pontifical pour le Dialogue Interreligieux a recommandé que les gens « lisent attentivement » le texte du Pape. Interviewé par le quotidien italien Corriere della Serra le 15 septembre, le cardinal a expliqué que si les Musulmans avaient lu et médité le texte, ils auraient compris que, celui-ci, loin d’être une attaque, constituait plutôt une « main tendue ». Il en est ainsi car le Saint-Père a défendu l’importance de la religion pour l’humanité et que l’Islam est l’une des plus grandes religions mondiales.

Le cardinal Camillo Ruini, vicaire général de Rome a lui aussi insisté sur la valeur du discours du Pape. Les mots qui suivent lui sont venus lundi lors de son discours public adressé au Conseil Permanent de l’Assemblée des Evêques Italiens. Le Cardinal Ruini a expliqué que lors de son voyage en Bavière, le Pape avait insisté sur le fait que à travers la Foi en Dieu, la raison et la liberté de l’Homme trouvaient leur accomplissement le plus élevé et le plus authentique. Dans ce contexte, le Pape a proposé dans son discours de Regensburg un dialogue entre cultures et religions, dialogue dont l’urgence croit sans cesse.

Une réaction en faveur de ce dialogue est également venue de Monseigneur William Skystad, Président de la Conférence des Evêques des Etats-Unis. « Etant donné les circonstances de la semaine dernière, » a-il dit dans un communiqué publié le mercredi 13 septembre, « il est clair que le dialogue est essentiel entre les chrétiens et les musulmans, un dialogue qui respecte, selon les mots du Saint-Père « ce qui est sacré chez les autres ».

Un avertissement adressé à l’Occident

Dans un interview du 17 septembre au journal italien La Stampa, le Cardinal Poupard a souligné que l’inquiétude principale du souverain Pontife n’était pas l’Islam mais la culture occidentale. Ceci était déjà clair dans l’avertissement contre le relativisme lancé par le cardinal Joseph Ratzinger juste avant le début du conclave durant lequel il a été élu Pape.

Revenant au sujet, le cardinal Poupard a cité une partie de l’homélie prononcée par Benoît XVI à Munich le 10 septembre. Le pape a dit : « Les gens en Afrique ou en Asie admirent sincèrement les prouesses scientifiques et techniques de l’Ouest, mais ils sont effrayés par une forme de rationalité qui exclut totalement Dieu de la vie de l’Homme, comme si cela constituait la plus haute forme de raison, et que celle-ci devait également être enseignée aux autres cultures pour leur être incorporée.

« Ils ne voient pas la véritable menace pour leur identité dans la foi chrétienne mais plutôt dans le mépris de Dieu et le cynisme qui considère la moquerie à l’égard du sacré comme un exercice de la liberté et qui perçoit l’utilité comme le critère suprême de la recherche scientifique du futur.

Cet aspect du discours du Pape a également été souligné lundi 18 septembre par le cardinal Antonio Rouco Varela. L’archevêque de Madrid est intervenu dans le débat lors d’une interview à la radio et rapportée par le service Internet Analisis Digital le lendemain. Le cardinal a expliqué que le but du discours du Pape était d’examiner la relation entre la croyance et la connaissance.

« Nous avons besoin à la fois de la foi et de la raison, » a commenté le cardinal Rouco « et c’est une erreur de concevoir un Dieu qui agirait contre la Raison. Loin d’être une sorte de provocation à destination des musulmans, le discours du Pape était un appel à un dialogue respectueux entre foi et raison » a-il ajouté.

Manipulation

Concernant les rapports entre l’Islam et l’Eglise catholique, Le secrétaire d’Etat du Vatican, le cardinal Bertone a dit qu’il était confiant dans le fait que les explications proposées après le discours du Pape à Regensburg seraient entendues. Interviewé lundi par le Corriere della Sera, le secrétaire d’Etat s’est aussi plaint des importantes manipulations subies par les mots de Benoît XVI.

Cependant, il a noté que les réactions au discours pontifical de la part de certaines personnalités musulmanes en France avaient été favorables. Par exemple, Mohand Alili, recteur de la Mosquée de Marseille a recommandé de ne pas se sentir offensé par ce que le discours du Pape, celui-ci étant une invitation à méditer sur les mots du Prophète Mahomet. Cependant, le Cardinal Bertone a déploré que cette réaction positive ainsi que d’autres n’aient pas retenu l’attention des média.

D’Australie, le cardinal Georges Pell a également critiqué lundi la manière dont les mots du Pape avaient été manipulés par certains. Dans un communiqué de presse, le cardinal a exprimé sa gratitude aux musulmans modérés.

Plusieurs jours auparavant, le 13 septembre, l’archevêque de Sydney a abordé le thème du dialogue entre l’Ouest et l’Islam, dans la lignée du discours du Pape à Regensburg. S’adressant à l’Assemblée des Syndicats à Sydney, il a noté que les grandes religions différaient de manière significative dans leurs doctrines et dans les sociétés qu’elles produisaient. Alors que les religions peuvent être source de beauté et de bienfait, elles peuvent aussi tomber dans la corruption et être des sources de malheur et de destruction, a soutenu le Cardinal.

Mais pour ceux qui considèrent la religion comme une source de violence, le Cardinal Pell a souligné que « Les pires catastrophes du 20ème siècle ont été causées par des Hommes opposés à la religion : Hitler, Staline, Mao et Pol Pot ».

Dans un interview publié lundi 18 septembre dans l’édition en ligne du Spiegel, le cardinal Walter Kasper, président du Conseil Pontifical pour la promotion de l’Unité des Chrétiens a noté que les conflits avec l’Islam font partie de l’histoire de l’Europe, ce à quoi le Pape faisait référence dans son discours.

Il existe cependant une alternative au conflit-le dialogue-encouragée par le Pape. Le dialogue n’est pas facile, a reconnu le cardinal, car il est difficile dans les circonstances actuelles de « trouver des interlocuteurs représentatifs et prêts à discuter ».

Nous ne devons pas aborder ce dialogue de manière naïve, a continué le Cardinal Kasper, car il existe des différences majeures entre les cultures chrétiennes et islamiques. En fait, la politique de multiculturalisme favorisée par les pays européens n’a pas œuvré en faveur des relations avec les communautés musulmanes.

« La question principale, en ce qui concerne le futur de l’Europe, va être dans quelle mesure et comment nous arriverons à transférer les idéaux qui ont un jour fait la grandeur de l’Europe - tout particulièrement ses racines chrétiennes - dans notre monde actuel qui a évolué, a conclu le Cardinal. Cela ne s’annonce pas facile, à en juger Regensburg.


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