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 - 29 mai 2017 - Sainte Ursule
Publié le : 14 avril 2010 Source :
 

 

A l’affiche

Concours pour les prêtres - résultats

Le concours pour les prêtres, organisé par le réseau mondial Catholic.net dont Catholique.org fait parti, a enregistré 820 témoignages de 78 pays différents. Pour rappel, le concours consistait à raconter une expérience de ministère sacerdotal. La plus belle était récompensée.

C’est à un jury de 20 membres provenant de 7 pays différents qu’a été confié le difficile processus de sélection.

Le vainqueur du concours est le père Manuel Julián Quiceno Zapata, du diocèse de Carthage (Colombie). Puisqu’il est actuellement en période d’études à Rome, il gagne un pèlerinage en Terre Sainte.

Vous pourrez trouver ci-dessous le témoignage du père Manuel qui a remporté le prix.

Un livre à paraître prochainement recueillera les témoignages les plus significatifs par thèmes. Et beaucoup d’autres histoires seront disponibles sur internet.

Nous tenons à remercier tous les participons et nous espérons qu’avec ces témoignages, nous nous émerveillerons un peu plus de la beauté du sacerdoce.

J’AI CONFESSÉ LE « DIABLE »

Mais avant d’entendre sa confession, ...

Curé d’un petit village, je sortais souvent dans la rue le dimanche après-midi pour saluer les gens, leur distribuer un texte de catéchèse, surtout à ceux qui n’avaient pas l’habitude d’aller à la messe. Dans cette paroisse dédiée à saint Joseph, beaucoup avaient en effet une autre coutume qu’ils observaient religieusement : celle d’aller « boire un coup » dans le café d’en face. Je savais donc aisément où les trouver.

Un jour, en terminant mon parcours, une dame vient me voir et me demande si j’ai bien reconnu le « diable ». « Si, si, le diablo est un des hommes auxquels vous avez dit bonjour ; vous lui avez même donné un de vos textes de catéchèse ». Mais je ne me souvenais pas avoir vu le « diable » ni qui que ce soit qui puisse lui ressembler.

Peu après, je devais me rendre au village voisin pour aider un frère prêtre, mais la voiture de la paroisse était en panne. Alors que je cherchais qui pouvait m’y amener, l’un des enfants de la paroisse me dit : « Si vous voulez, padre, j’appelle le diablo et je lui demande s’il peut vous conduire ». Pensant qu’il s’agissait d’une plaisanterie, j’acceptai et je pus donc faire sa connaissance...

Au début, je n’osais pas ouvrir la bouche car c’était la première fois que je faisais un voyage en telle compagnie. Je me disais : « Mais de quoi pourrais-je bien parler avec le diablo ? » Au bout d’un moment, j’entamai quand même le dialogue, mais cela ressemblait plus à un interrogatoire qu’à une conversation. Avant de sortir de la voiture, sans rien lui dire, je laissai dans la boîte à gants un scapulaire de la Vierge du Carmel.

À partir de ce jour-là, je le croisais partout. Chaque fois que je le voyais, je l’invitais à la messe, mais il me répondait toujours : « pas maintenant, un autre jour, j’ai mes raisons ».

Cela faisait longtemps que je ne l’avais plus revu quand un enfant m’arrêta à la porte de l’église pour me dire que quelqu’un de gravement malade avait besoin de me voir d’urgence. Je m’empressai d’aller chercher le nécessaire et de le suivre. Quelle ne fut pas ma surprise quand, en arrivant chez ce malade, je m’aperçus qu’il s’agissait justement de mon diablo, le paysan Ramón. Il ne se souvenait pas quand ni pourquoi on avait commencé à l’appeler comme cela, mais il s’y était fait.

Et il gisait sur son lit, touché par un terrible cancer en phase terminale. « Vous vous souvenez de moi, padre, je suis le diablo. Mais mon âme, c’est à Dieu que je veux la donner ! Padre, por favor, vous me confessez ? »

J’étais déjà en train de penser que c’était un des plus beaux moments de ma vie quand je vis entre ses mains tremblantes un scapulaire : celui que je lui avais laissé dans le vide-poche de la voiture. Il voulait l’apporter pour son voyage dans l’éternité ! Après sa mort, je trouvai aussi chez lui une des feuilles de catéchèse que je distribuais le dimanche après-midi, sur la confession.

Que Dieu est grand et mystérieux. Il agit dans le silence et la simplicité et il nous permet aussi de partager à tous le don dont il nous fait part. Ce jour-là, le village n’en revenait pas, et moi non plus : « Il a confessé le diablo ! »

P. Manuel Julián Quiceno Zapata


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