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 - 27 juillet 2017 - Saints Nathalie, Aurèle et leurs compagnons
Publié le : 4 septembre 2015 Source : Zenit.org
 

 

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Prière Eucharistique III : « Pour nos frères défunts… »

« Pour nos frères défunts… »

L’Ancien Testament est plus que réservé sur le devenir des morts. Les ensevelir dignement est une œuvre de miséricorde : le vieux Tobie s’en acquitte, au péril de sa vie. Mais il n’y a, en Israël, ni culte ni invocation des morts.

La prière pour les morts apparaît au 2ème siècle avant le Christ. Des soldats de Judas Macchabée meurent au combat. Or voici qu’ils portaient sur eux des objets consacrés aux idoles ! « Tous se mirent en prière en demandant que la faute commise fût entièrement effacée ». Une collecte est organisée pour qu’on offrît, à Jérusalem, un « sacrifice expiatoire, afin qu’ils fussent absous de leurs péchés » (2 Macchabées 12, 39-45). 

Le Nouveau Testament est tout entier illuminé par la Résurrection du Christ et la certitude de notre propre résurrection. En attendant, il ne faut pas être abattus comme ceux qui n’ont pas d’espérance : « Nous serons pour toujours avec le Seigneur. Réconfortez-vous les uns les autres » (1 Thessaloniciens 4).

Les apôtres évitent de s’étendre sur le statut des défunts entre leur mort et la Résurrection, au Dernier Jour. Saint Paul a, cependant, la certitude d’être avec le Seigneur dès sa mort. C’est pourquoi il ne sait que choisir : désirer la mort ou rester au service de ses frères (Philippiens 1, 21-24). 

Offrir la Messe pour les morts est un usage très ancien. Au moment de sa mort, Monique disait à son fils Augustin : « Enterrez mon corps n’importe où. Je vous demande seulement de vous souvenir de moi à l’autel du Seigneur. » C’était en 387.

Toutes les liturgies eucharistiques traditionnelles comportent la mention des défunts. Prier pour eux, c’est attester qu’ils ne sont pas tombés dans le néant. Malgré la séparation, nous sommes en communion avec eux, « la communion des saints ». Comme eux, nous sommes en attente de la Résurrection dernière. Nous demandons à Dieu de nous y préparer, de nous purifier : c’est ce qu’exprime la foi catholique en parlant du « purgatoire ».

Selon les liturgies, l’intercession pour les défunts est plus ou moins développée. Dans la Prière III, elle est très sobre mais une formule, au contraire très loquace, est prévue pour les obsèques.

Formule brève

Le « nous » de la Prière Eucharistique réunit les hommes et les femmes. Curieusement, pour les défunts, ne sont mentionnés que les « frères ». C’est étrange : le vieux canon romain (Prière I), qui ne peut pas être accusé de féminisme excessif, distinguait « les serviteurs et les servantes ». Pourquoi, dans cette Prière récente comme dans les oraisons, seuls les « frères » sont-ils mentionnés ? L’intention des liturgistes n’était sûrement pas d’exclure les femmes du paradis.

Malgré sa brièveté, l’intercession pour les défunts distingue deux situations. « Nos frères défunts » : ce sont, d’abord, les baptisés. Mais la Prière mentionne aussi les autres : c’est encore un signe de l’horizon universaliste de la Prière III.

De ces hommes, quels qu’ils soient, qui ont quitté ce monde, « Dieu connaît la droiture » : l’Eglise ne s’arroge pas le droit de les juger. Elle remet le jugement à Dieu : lui seul sonde les reins et les cœurs.

Le texte originel est un peu différent. Il parle de « ceux qui te plaisent ». Il ne s’agit pas de l’arbitraire d’un Dieu qui déciderait simplement parce que « tel est notre bon plaisir ». Ce qui plaît à Dieu, c’est de « faire la vérité », d’agir selon sa conscience, d’aimer son frère qu’on voit, même si l’on ne croit pas en Dieu qu’on ne voit pas. Le seul péché que Jésus déclare impardonnable est le blasphème contre l’Esprit Saint : voir le Mal partout, appeler « mal » ce qui est « bien ». 

Formule développée

Comme la formule brève, celle qui est propre aux Messes pour les défunts, concerne d’abord les baptisés, puis s’élargit à tous les autres, appelés « frères » eux aussi. Les deux intercessions commencent par le mot traditionnel « souviens-toi », memento. Au moment où l’Eglise présente au Père le « mémorial » de la mort et résurrection de son Fils, comment le Père ne « se souviendrait-il » pas de ceux pour qui son Fils a donné sa vie ? Il est « mort, a été enseveli, est descendu aux enfers », c’est-à-dire compté parmi les morts, disons-nous dans le Credo. L’intercession pour les défunts a donc bien sa place au cœur de l’Eucharistie. 

La formule des Messes pour les défunts comporte deux amplifications : l’une concerne les baptisés ; l’autre, la vie glorieuse de l’au-delà. L’une et l’autre sont, presque mot à mot, des citations du Nouveau Testament.

La première vient de l’épître aux Romains (6, 3-5). « Ignorez-vous que, baptisés dans le Christ Jésus, c’est dans sa mort que tous nous avons été baptisés ? Nous avons donc été ensevelis avec lui par le baptême dans la mort, afin que, comme le Christ est ressuscité des morts par la gloire du Père, nous vivions nous aussi dans une vie nouvelle. Car si c’est un même être avec le Christ que nous sommes devenus par une mort semblable à la sienne, nous le serons aussi par une résurrection semblable. »

La suite vient de l’épître aux Philippiens (3, 20-21) : « Notre cité se trouve dans les cieux d’où nous attendons ardemment, comme sauveur, le Seigneur Jésus Christ qui transfigurera notre corps de misère pour le conformer à son corps de gloire. »

Quand saint Paul avait prêché sur l’Acropole d’Athènes, ses auditeurs avaient buté quand il avait annoncé « la résurrection des morts » (Actes 17, 32). Jésus avait rencontré la même incompréhension sur ce sujet. Pour Paul, si la résurrection des morts est impossible, le Christ lui-même n’est pas ressuscité : alors, vide est notre foi ; nous sommes encore dans nos péchés et les prédicateurs de l’Evangile sont des faux témoins (1 Corinthiens 15).

Alors que la première amplification est empruntée à saint Paul, la seconde s’inspire de saint Jean. A deux reprises, l’Apocalypse reprend une promesse du prophète Isaïe : Dieu essuiera toute larme de nos yeux (Isaïe 25, 8 ; Apocalypse 7, 17 ; 21, 4). Les larmes empêchent de voir clairement. Or, pour saint Jean comme pour les Pères de l’Eglise après lui, la vue est le sens par lequel Dieu s’imprime en nous : nous sommes changés en ce que nous voyons

« Dès maintenant, nous sommes enfants de Dieu, et ce que nous serons n’a pas encore été manifesté. Nous savons que lors de cette manifestation nous lui serons semblables parce que nous le verrons tel qu’il est » (1 Jean 3, 2). Saint Paul aurait souscrit, car il disait aux Corinthiens : « Nous voyons, à présent, dans un miroir, en énigme, mais alors ce sera face à face » (1 Corinthiens 13, 12).

La prière pour les défunts est donc, en définitive, un acte d’espérance. Elle ouvre sur l’horizon ultime de notre existence : la « gloire », c’est-à-dire l’épanouissement de la vie.



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