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 - 1er octobre 2022 - Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus et de la Sainte Face
Publié le : 27 juin 2008 Source : Zenit.org
 

 

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Le P. Cantalamessa invite les catholiques à se réconcilier avec « leur » Eglise

ROME, Vendredi 27 juin 2008 (ZENIT.org) - Nous publions ci-dessous le commentaire de l’Evangile du dimanche 29 juin, fête des saints Pierre et Paul, proposé par le père Raniero Cantalamessa OFM Cap, prédicateur de la Maison pontificale.

Evangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 16, 13-19

Jésus était venu dans la région de Césarée-de-Philippe, et il demandait à ses disciples : « Le Fils de l’homme, qui est-il, d’après ce que disent les hommes ? »

Ils répondirent : « Pour les uns, il est Jean Baptiste ; pour d’autres, Élie ; pour d’autres encore, Jérémie ou l’un des prophètes. »

Jésus leur dit : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? »
Prenant la parole, Simon-Pierre déclara : « Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant ! »
Prenant la parole à son tour, Jésus lui déclara : « Heureux es-tu, Simon fils de Yonas : ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux.
Et moi, je te le déclare : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ; et la puissance de
la Mort ne l’emportera pas sur elle. Je te donnerai les clefs du Royaume des cieux : tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux. »

© Copyright AELF - Paris - 1980 - 2006 Tous droits réservés

Tu es Pierre !

L’évangile de dimanche est l’évangile de la remise des clés à Pierre sur lequel la tradition catholique s’est toujours basée pour fonder l’autorité du pape sur toute l’Eglise. On pourrait se demander quel est le lien entre cela et le pape ? Voici la réponse de la théologie catholique. Si Pierre doit servir de « fondement » et de « roc » de l’Eglise et que l’Eglise continue d’exister, le fondement doit aussi continuer d’exister. Il est impensable que des prérogatives aussi solennelles que : « Je te donnerai les clefs du Royaume des cieux », se réfèrent uniquement aux vingt ou trente premières années de la vie de l’Eglise et que celles-ci cessent avec la mort de l’apôtre. Le rôle de Pierre se prolonge donc à travers ses successeurs.

Pendant tout le premier millénaire cette fonction de Pierre a été reconnue universellement par toutes les Eglises, même si elle était interprétée de manière assez différente en orient et en occident. Les problèmes et les divisions sont nés avec le millénaire qui vient de se terminer. Et aujourd’hui, nous aussi les catholiques, reconnaissons qu’ils ne sont pas tous nés à cause des autres, de ceux que l’on a appelés les « schismatiques » : d’abord les orientaux, puis les protestants. Le primat institué par le Christ, comme toutes les choses humaines, a parfois été bien exercé et parfois moins bien. Au pouvoir spirituel s’est peu à peu mêlé un pouvoir politique et terrestre, et avec cela, des abus. Le pape Jean-Paul II lui-même, dans sa lettre sur l’œcuménisme, Ut unum sint, a envisagé la possibilité de revoir les formes concrètes d’exercice du primat du pape, afin de rétablir la concorde entre toutes les Eglises autour de ce primat. En tant que catholiques, nous ne pouvons pas ne pas souhaiter que l’on avance avec de plus en plus de courage et d’humilité sur cette route de la conversion et de la réconciliation, surtout en élargissant la collégialité voulue par le concile.

Ce que nous ne pouvons pas souhaiter c’est que le ministère même de Pierre, comme signe et facteur de l’unité de l’Eglise, disparaisse. Ce serait nous priver d’un des dons les plus précieux que le Christ ait fait à son Eglise, en plus d’enfreindre sa volonté précise. Penser qu’il suffit à l’Eglise d’avoir la Bible et l’Esprit Saint pour l’interpréter, pour pouvoir vivre et diffuser l’Evangile, équivaudrait à dire qu’il aurait suffit aux fondateurs des Etats-Unis de rédiger la constitution américaine et de montrer l’esprit avec lequel elle devait être interprétée, sans prévoir le moindre gouvernement pour le pays. Les Etats-Unis existeraient-ils encore ?

Ce que nous pouvons faire tout de suite et tous pour aplanir la route de la réconciliation entre les Eglises c’est commencer à nous réconcilier avec notre Eglise. « Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise ». Jésus dit « mon » Eglise, au singulier, et non « mes » Eglises. Il a pensé et voulu une seule Eglise et non une multitude d’Eglises indépendantes ou, pire, qui luttent les unes contre les autres. « Mon » est non seulement singulier, c’est toutefois aussi un adjectif possessif. Jésus reconnaît donc l’Eglise comme « sienne » ; il dit « mon Eglise » comme un homme dirait : « mon épouse », ou « mon corps ». Il s’identifie avec elle, il n’a pas honte d’elle. Dans la bouche de Jésus le mot « Eglise » n’a aucune des significations subtiles et négatives que nous y avons ajoutées.

Il y a dans cette expression du Christ un appel vigoureux à tous les croyants à se réconcilier avec l’Eglise. Renier l’Eglise c’est comme renier sa propre mère. « Celui qui n’a pas l’Eglise pour mère, disait saint Cyprien, ne peut pas avoir Dieu comme père ». Ce serait un beau fruit de la fête des saints apôtres Pierre et Paul si nous apprenions à dire nous aussi, de l’Eglise catholique à laquelle nous appartenons : « mon Eglise ! »



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