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 - 12 décembre 2019 - Ste Jeanne de Chantal
Publié le : 17 août 2007 Source : Zenit.org
 

 

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Catéchèse sur saint Grégoire de Naziance (8 août)

ROME, Vendredi 17 août 2007 (ZENIT.org) – Nous publions ci-dessous le texte intégral de la catéchèse que le pape Benoît XVI a prononcée au cours de l’audience générale du mercredi 8 août.

* * *


Chers frères et sœurs !

Mercredi dernier, j’ai parlé d’un grand maître de la foi, le Père de l’Eglise saint Basile. Aujourd’hui, je voudrais parler de son ami Grégoire de Nazianze, lui aussi, comme Basile, originaire de Cappadoce. Illustre théologien, orateur et défenseur de la foi chrétienne au IVe siècle, il fut célèbre pour son éloquence et avait également, en tant que poète, une âme raffinée et sensible.

Grégoire naquit au sein d’une noble famille. Sa mère le consacra à Dieu dès sa naissance qui eut lieu autour de l’an 330. Après une première éducation familiale, il fréquenta les écoles les plus célèbres de son temps : il fut d’abord à Césarée de Cappadoce, où il se lia d’amitié avec Basile, futur évêque de cette ville, puis il séjourna dans d’autres métropoles du monde antique, comme Alexandrie d’Egypte et surtout Athènes, où il rencontra de nouveau Basile (cf. Oratio 43, 14-24 : SC 384, 146-180). En évoquant son amitié avec lui, Grégoire écrira plus tard : « Alors, non seulement je me sentais empli de vénération pour mon grand Basile, pour ses mœurs sérieuses et la maturité et la sagesse de ses écrits, mais j’encourageais également d’autres, qui ne le connaissaient pas encore, à en faire autant... Nous étions guidés par le même désir de savoir... Telle était notre compétition : non pas qui était le premier, mais qui permettait à l’autre de l’être. On aurait dit que nous avions une unique âme et un seul corps » (Oratio 43, 16.20 : SC 384, 154-156.164). Ce sont des paroles qui sont un peu l’autoportrait de cette noble âme. Mais l’on peut également imaginer que cet homme, qui était fortement projeté au-delà des valeurs terrestres, a beaucoup souffert des choses de ce monde.

De retour chez lui, Grégoire reçut le Baptême et s’orienta vers la vie monastique : la solitude, la méditation philosophique et spirituelle le fascinaient : « Rien ne me semble plus grand que cela : faire taire ses sens, sortir de la chair du monde, se recueillir en soi, ne plus s’occuper des choses humaines, sinon celles strictement nécessaires ; parler avec soi-même et avec Dieu, conduire une vie qui transcende les choses visibles ; porter dans l’âme des images divines toujours pures, sans y mêler les formes terrestres et erronées, être véritablement le reflet immaculé de Dieu et des choses divines, et le devenir toujours plus, en puisant la lumière à la lumière... ; jouir, dans l’espérance présente, du bien à venir et converser avec les anges ; avoir déjà quitté la terre, tout en restant sur terre, transporté vers le haut par l’esprit » (Oratio, 2, 7 : SC 247, 96).

Comme il le confie dans son autobiographie (cf. Carmina [historica] 2, 1, 11 de vita sua 340-349 : PG 37, 1053), il reçut l’ordination sacerdotale avec une certaine réticence, car il savait qu’il aurait dû ensuite assumer un rôle de Pasteur, s’occuper des autres, de leurs affaires, et donc ne plus se recueillir ainsi dans la pure méditation. Toutefois, il accepta ensuite cette vocation, et accomplit son ministère pastoral en pleine obéissance acceptant, comme cela lui arrivait souvent dans la vie, d’être porté par la Providence là où il ne voulait pas aller. (cf. Jn 21,18). En 371, son ami Basile, évêque de Césarée, contre la volonté de Grégoire lui-même, voulut le consacrer évêque de Sasimes, un village ayant une importance stratégique en Cappadoce. Toutefois, en raison de diverses difficultés, il n’en prit jamais possession et demeura en revanche dans la ville de Nazianze.

Vers 379, Grégoire fut appelé à Constantinople, la capitale, pour guider la petite communauté catholique fidèle au Concile de Nicée et à la foi trinitaire. La majorité adhérait au contraire à l’arianisme, qui était « politiquement correct » et considéré comme politiquement utile par les empereurs. Ainsi, il se trouva dans une situation de minorité, entouré d’hostilité. Dans la petite église de l’Anastasis, il prononça cinq Discours théologiques (Orationes 27-31 : SC 250, 70-343) précisément pour défendre et rendre également intelligible la foi trinitaire. Il s’agit de discours demeurés célèbres en raison de la sûreté de la doctrine, de l’habileté du raisonnement, qui fait réellement comprendre qu’il s’agit bien de la logique divine. La splendeur de la forme également les rend aujourd’hui fascinants. Grégoire reçut, en raison de ces discours, l’appellation de « théologien ». Ainsi, il fut appelé par l’Eglise orthodoxe le « théologien ». Et cela parce que pour lui, la théologie n’est pas une réflexion purement humaine, et encore moins le fruit uniquement de spéculations complexes. Elle découle d’une vie de prière et de sainteté, d’un dialogue assidu avec Dieu. Et précisément ainsi, elle fait apparaître à notre raison la réalité de Dieu, le mystère trinitaire. Dans le silence de la contemplation, mêlé de stupeur face aux merveilles du mystère révélé, l’âme accueille la beauté et la gloire divine.

Alors qu’il participait au second Concile œcuménique de 381, Grégoire fut élu évêque de Constantinople et assura la présidence du Concile. Mais très vite, une forte opposition se déchaîna contre lui, jusqu’à devenir insoutenable. Pour une âme aussi sensible, ces inimitiés étaient insupportables. Il se répétait ce que Grégoire avait déjà dénoncé auparavant à travers des paroles implorantes : « Nous avons divisé le Christ, nous qui aimions tant Dieu et le Christ ! Nous nous sommes mentis les uns aux autres à cause de la Vérité, nous avons nourri des sentiments de haine à cause de l’Amour, nous nous sommes divisés les uns les autres ! » (Oratio 6, 3 : SC 405, 128). On en arriva ainsi, dans un climat de tension, à sa démission. Dans la cathédrale bondée, Grégoire prononça un discours d’adieu d’un grand effet et d’une grande dignité (cf. Oratio 42 : SC 384, 48-114). Il concluait son intervention implorante par ces paroles : « Adieu, grande ville aimée du Christ... Mes fils, je vous en supplie, conservez le dépôt [de la foi] qui vous a été confié (cf. 1 Tm 6, 20), souvenez-vous de mes souffrances (cf. Col 4,18). Que la grâce de notre Seigneur Jésus Christ soit avec vous tous » (cf. Oratio 42, 27 : SC 384, 112-114).

Il retourna à Nazianze et, pendant deux ans environ, il se consacra au soin pastoral de cette communauté chrétienne. Puis il se retira définitivement dans la solitude, dans la proche Arianzo, sa terre natale, où il se consacra à l’étude et à la vie ascétique. Au cours de cette période, il composa la plus grande partie de son œuvre poétique, surtout autobiographique : le De vita sua, une relecture en vers de son chemin humain et spirituel, le chemin exemplaire d’un chrétien qui souffre, d’un homme d’une grande intériorité dans un monde chargé de conflits. C’est un homme qui nous fait ressentir le primat de Dieu, et qui nous parle donc également à nous, à notre monde : sans Dieu, l’homme perd sa grandeur, sans Dieu, le véritable humanisme n’existe pas. Ecoutons donc cette voix et cherchons à connaître nous aussi le visage de Dieu. Dans l’une de ses poésies, il avait écrit, en s’adressant à Dieu : « Sois clément, Toi, l’Au-Delà de tous » (Carmina [dogmatica] 1, 1, 29 : PG 37, 508). Et, en 390, Dieu accueillait dans ses bras ce fidèle serviteur qui, avec une intelligence aiguë, l’avait défendu dans ses écrits et qui, avec tant d’amour, l’avait chanté dans ses poésies.

Voici le résumé de la catéchèse, en français, lu par le pape

Chers Frères et Sœurs,

Saint Grégoire de Nazianze, illustre Père de l’Église, originaire de Cappadoce, fut un grand théologien, défenseur de la foi chrétienne au quatrième siècle. Né en 330, il fréquenta les écoles les plus célèbres de son temps. À Césarée de Cappadoce, il se lia d’amitié avec Basile, puis il séjourna notamment à Alexandrie d’Égypte et surtout à Athènes. Revenu chez lui, Grégoire fut baptisé et s’orienta vers la vie monastique, recevant ensuite l’ordination presbytérale avec une certaine réticence. En 371, Basile voulu le consacrer Évêque de Sasimes, mais il continuera à résider dans la ville de Nazianze. Vers 379, il fut appelé à Constantinople pour conduire la petite communauté chrétienne fidèle au Concile de Nicée. Dans l’Église de l’Anastasis, il prononça cinq Discours théologiques, demeurés célèbres par la sûreté de la doctrine, l’habilité du raisonnement et la splendeur de la forme. Alors qu’il participait au deuxième Concile œcuménique, il fut élu Évêque de Constantinople et dut assurer la présidence du Concile. Mais une forte opposition se dressa contre lui, jusqu’à devenir insoutenable, le conduisant à démissionner. Il retourna à Nazianze pour se consacrer au soin pastoral de la communauté chrétienne. Puis il se retira définitivement dans la solitude, dans son pays natal. Il mourut en 390.
J’accueille avec plaisir les pèlerins francophones, particulièrement les membres du pèlerinage organisé par les Chanoines réguliers de Saint-Augustin, le groupe de Mende ainsi que les pèlerins venus d’Égypte. Que le Seigneur vous aide à grandir dans une connaissance authentique de sa personne pour que vous puissiez en vivre et en témoigner parmi vos frères ! Avec ma Bénédiction apostolique.

J’accueille avec plaisir les pèlerins francophones, particulièrement les membres du pèlerinage organisé par les Chanoines réguliers de Saint-Augustin, le groupe de Mende ainsi que les pèlerins venus d’Egypte. Que le Seigneur vous aide à grandir dans une connaissance authentique de sa personne pour que vous puissiez en vivre et en témoigner parmi vos frères ! Avec ma Bénédiction apostolique.

© Copyright du texte original plurilingue : Librairie Editrice Vaticane
Traduction réalisée par Zenit



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