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 - 14 novembre 2018 - Saint Sidoine
Publié le : 7 juillet 2006 Source : Zenit.org
 

 

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Le sens du Saint Calice de la Dernière Cène que le pape vénérera à Valence

ROME, Vendredi 7 juillet 2006 (ZENIT.org) – Le Saint Calice de la Dernière Cène, conservé dans la cathédrale de Valence, en Espagne, que le pape vénérera demain samedi, fonde sa vraisemblance sur des indices archéologiques, historiques ainsi que sur des indices liés à la tradition de l’Eglise.

Le peuple chrétien vénère le Saint Calice car il « le représente et le transpose au moment sublime où le Fils de Dieu nous donna son Sang comme boisson avant de le verser sur la Croix » : voilà le sens du Calice de Valence, explique Salvador Antuñano Alea, docteur en philosophie et professeur à l’Université Francisco de Vitoria, à Madrid, qui a accordé un entretien à Zenit à la veille de la visite du pape à Valence.

La voix de l’archéologie

Le professeur Antuñano Alea explique que la précision scientifique du Calice, la comparaison avec des objets similaires et l’analyse critique de documents « renvoient à une fabrication orientale – égyptienne ou palestinienne – et à la dernière période de l’art hellénistique (II s. Avant J.C. – I s. après J.C.) ». Le Calice correspond selon lui « au type de verres utilisés pour les solennités ou appartenant à des maisons riches ».

Histoire et tradition

« Le plus ancien document historique écrit qui parle clairement du Saint Calice est le document par lequel les moines de San Juan de la Peña ont fait don du Calice au Roi d’Aragon Martin I l’Humain », datant du « 26 septembre 1399 », explique le professeur Antuñano.

Le texte décrit « fidèlement le calice en pierre (d’agathe, ndlr) conservé aujourd’hui à Valence. A partir de ce moment son parcours est entièrement documenté », même si « avant cette date nous ne conservons pas de document parlant du Calice », constate-t-il.

Une antique tradition corroborant le fondement archéologique du Calice indique que celui-ci passa de Jérusalem à Rome par l’intermédiaire de saint Pierre. C’est avec ce Calice que les premiers papes célébrèrent les mystères. Il aurait été apporté en Espagne, dans la région de Huesca, vers l’an 258, par saint Laurent, après le martyre du pape Sixte et avant son propre martyre, dans le souci de le préserver de la spoliation liée à la persécution contre l’Eglise décrétée par Valérien.

« Il y serait resté jusqu’à l’invasion musulmane, lorsque les fidèles le sauvèrent en le cachant en différents endroits de la montagne, poursuit le professeur Antuñano. Au fur et à mesure de la reconquête, une vénération se consolide également dans différentes églises » et « il est très probable qu’au milieu du XIe siècle, il se trouvait à Jaca, conservé par les évêques, et qu’il soit passé au Monastère de San Juan de la Peña lors de l’instauration du rite romain sous le règne d’Aragon en l’an 1071 ». Il aurait été conservé dans le monastère pendant plus de trois siècles.

Le professeur espagnol cite également des indices reliant le Calice au Nouveau Testament : « Il est possible que le Christ ait célébré la Dernière Cène dans la maison de saint Marc » qui était comme « un secrétaire de saint Paul et de saint Pierre, avec lequel il semble que ce dernier se soit rendu à Rome », si bien « qu’il ne serait pas étrange que l’évangéliste ait conservé la coupe – une coupe de chez lui – dans lequel le Maître aurait consacré l’Eucharistie », et il ne serait pas étrange « qu’il l’ait remis à Pierre et ce dernier à Lin », puis à Clet, Clément et ainsi de suite.

On ne peut oublier que « le canon romain de la messe est élaboré à partir du rite utilisé par les papes des premiers siècles », poursuit le professeur espagnol. « Dans l’une de ses parties les plus anciennes, la formule de la consécration présente une légère variante avec les autres liturgies », affirmant : « de même, à la fin du repas, il prit cette coupe glorieuse entre ses mains très saintes… », « comme si elle semblait insister sur un calice particulier et concret : celui que le Seigneur aurait utilisé lors de la Dernière Cène », précise Salvador Antuñano.

L’itinéraire historique, bien documenté à partir de 1399, nous conduit à Valence où en 1915 le chapitre de la cathédrale décide de transformer l’ancienne salle du chapitre en chapelle du Saint Calice où celui-ci fut installé en la solennité de l’Epiphanie de 1916.

Vingt ans plus tard, il fut extrait de la chapelle en toute urgence, lors du déclenchement de la guerre civile, trois heures avant que la cathédrale ne brûle. Le professeur Antuñano explique que le Calice fut remis de manière solennelle au chapitre le 9 avril 1939, un Jeudi Saint, et installé dans la chapelle reconstruite, le 23 mai 1943.

La signification mystique du Saint Calice de la Cène

Le professeur Antuñano explique que pour les chrétiens la valeur du calice en tant qu’icône sacrée est importante.

« Pour le christianisme, une icône sacrée n’est pas seulement une image pieuse », ou « une représentation d’un motif religieux ». C’est bien davantage, explique-t-il : « C’est un moyen pour la contemplation spirituelle, pour la méditation et l’oraison ».

Loin d’abriter des « propriétés magiques », « l’icône est sacrée car son image évoque un mystère salvifique et, sous une forme spirituelle mais réelle, elle a comme but de mettre la personne qui la contemple en communion avec ce mystère, de la rendre participant de ce mystère », souligne-t-il.

Et puisque « la Tradition et l’Histoire indiquent clairement la possibilité que ce soit le Calice même que le Seigneur utilisa la nuit où il allait être livré », les chrétiens le vénèrent car il les « transporte au moment sublime où le Fils de Dieu nous donna son Sang comme boisson avant de le verser sur la Croix », pour notre salut, précise-t-il.

« Pour cette raison, conclut-il, le noyau et fondement de la vénération du Saint Calice se trouve dans le Mystère eucharistique ».

Le professeur Salvador Antuñano rappelle que le 8 novembre 1982, lors de sa visite à Valence, le pape Jean-Paul II a célébré la messe avec le Saint Calice après avoir vénéré la relique dans la chapelle.

Salvador Antuñano estime que le geste de Jean-Paul II de « consacrer le Sang du Seigneur dans le Calice peut être considéré comme la borne milliaire ayant introduit la relique dans le troisième millénaire ».



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